Welsh lecturer wins 2010 Translation Challenge
In a special ceremony on the Blaenau Gwent National Eisteddfod field, Marged Haycock was announced as the winner of the 2010 Challenge. She was one of thirty-six entrants for the competition to translate from French an extract from the short story, La folie était venue avec la pluie, by Haitian author, Yanick Lahens.
Marged was presented with the 2010 Bardic Staff by the Heritage Minister, Alun Ffred Jones AM, during the ceremony in the Aberystwyth University tent on the Eisteddfod field on Thursday, August 5th 2010.
The text for the competition was in marked contrast to the Medieval Welsh literature Marged usually studies and teaches but says she decided to enter as she was interested in Haiti's plight and was drawn to the author herself - Yanick Lahens - as she could relate to her as a fellow female academic.
Author, Patrick McGuiness, and dramatist, Gareth Miles, were the judges for the competition and as he gave the adjudication at Thursday's ceremony Mr Miles said the standard of entries had been very high.
"The winning entry had succeeded best in combining precision with a reflection of the mood and sensuousness of the original text. I particularly enjoyed the story and I hope that soon, we will have a worthy Welsh translation of it".
Dr Sioned Puw Rowlands, said,
"The response this year has been very encouraging. We've come to learn of many talented translators of which we were previously unaware. "
In receiving the prize, Marged Haycock said,
"The subject chosen for the Challenge was inspiring. I felt it was worth translating. Even before the earthquake there, Haiti was such a poor country, completely destroyed and Yanick Lahens succeeds in creating the mood and fear amongst some of its inhabitants there so vividly - her work is exhilarating."
The English winner of the Challenge will be announced on September 4th during the "21" Festival at Tŷ Newydd - a festival of literary events to celebrate Ty Newydd's 21'st anniversary.
As part of their prize the winners of the Translation Challenge will be commissioned to translate Yanick Lahen's story in its entirety.
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Translators House Wales 2010 Translation Challenge
Below is the extract set as Translators House Wales 2010 Translation Challenge. The extract comes from the short story, La folie était venue avec la pluie by Yanick Lahens originally written in French.
The challenge was to translate the extract from French into English or Welsh.
La folie était venue avec la pluie
by Yanick Lahens
Août touchait à sa fin. Mon enfance aussi mais je ne le savais pas encore. Dès le commencement de l'après-midi, les nuages, comme un cortège d'anges maléfiques, avaient obscurci le ciel, aiguisant les colères, réveillant les soifs, les faims et la méchanceté des hommes. Et depuis que le corps de Mervilus avait été trouvé la veille dans une ravine non loin du quartier des Dalles, la folie comme la mort, comme l'enfance arrachée, était venue avec la pluie. Très vite les rues furent inondées par ces averses qui s'abattent toujours en cette saison et nous retournent l'âme comme une terre à labourer sans merci.
Quatre hommes avaient porté sur leurs épaules, en direction de la maison de Désilia, le cadavre de Mervilus recouvert d'un drap blanc. Ils avançaient péniblement comme un tap-tap qui se serait enlisé ou un navire qui tanguerait sous les assauts du vent. Leurs jambes s'enfonçaient dans la boue et ils hurlaient leur colère, la pluie frappait leur torse nu de ses lanières acérées et ils rugissaient encore plus fort. Tenant Jonas, mon jeune frère par la main et courant à en perdre le souffle, je rattrapai ma mère autour de cet équipage fougueux, mêlant ma voix aux gémissements des femmes, à la stridence de leurs cris, aux hurlements des hommes. La nouvelle était arrivée jusqu'à Désilia qui rejoignit le cortège à mi-chemin. Quand l'un des hommes souleva le drap, Désilia poussa le long cri plaintif d'un animal qu'on égorge. Les yeux révulsés, agitant les bras de droite à gauche, elle déchira ses vêtements et courut dans tous les sens, faisant gicler sur son passage l'eau des mares entre les cases. Très vite Boss Charles et Rameau la rattrapèrent de leurs bras robustes. Épuisée, Désilia se laissa encercler et nouer comme une bête en captivité. Aidée d'Espérance et de Nerlande, ma mère entoura ensuite la taille de Désilia, d'un grand mouchoir. Question d'aider la douleur, là dans ses flancs, à faire son temps et son nid comme on porte un enfant.
On installa le corps dans l'une des deux pièces de la case puis, comme le veut la coutume, on recouvrit l'unique miroir d'une pâte d'amidon pour enlever à Mervilus toute envie de surgir de cette surface lisse pour venir troubler le repos et le sommeil des vivants. Espérance s'occupa de la toilette du mort et ma mère entama les préparatifs du bouillon pour la veillée. Zuléma offrit les abats, Nerlande le malanga et les carottes, Conceptia le cresson et les bananes plantain.
La pluie s'apaisa dès les premières ombres. J'aidai ma mère à préparer le repas, à servir le café à ces hommes rustres, ces hommes de désir et de privation qui posaient sur moi leur regard de fièvre comme s'ils cherchaient des pistes de feu. Jonas ne tenait plus en place, la journée avait été longue. Il jouait encore pieds nus dans les flaques d'eau à l'entrée de la maison de Désilia. Et bientôt, me tirant par le bras, il réclama vivement ces images brillantes et dures que, dans la lumière déclinante du jour, je prends plaisir à convoquer pour lui. Rien que pour lui. Et qui à force, étaient devenues comme sacrées. Celles des algues phosphorescentes, des cohortes d'anges et de lutins, des sentiers aux senteurs de goyaves, de blessures tracées dans l'os par la pointe d'un coutelas, d'ogres se rassasiant de chairs d'enfants et de crépuscules mauves.
Après le repas, les hommes se partagèrent trois bouteilles de rhum et d'autres alcools, du trempé d'anis et de cerise et jouèrent aux dominos toute la nuit. Trouant la mélopée dont les femmes, lèvres serrées, âme cousue, enveloppaient la nuit, les hommes évoquèrent à tour de rôle les souvenirs du défunt. Mervilus était parti marauder dans les quartiers du haut de la ville et il n'avait pas eu de chance. Baptiste parla plus que les autres. Baptiste a toujours admiré Mervilus, bien plus jeune que lui, qui possédait une arme et arrivait à faire vivre Désilia et son fils Kesnel mieux que toutes les femmes et tous les enfants du quartier. Sans compter Mimose qui travaille chez un couple de médecins à Péguy-Ville, dans une villa cachée derrière de hauts murs, enfouie sous d'épaisses bougainvillées. Baptiste n'avait jamais osé l'accompagner dans ses tournées. Mais Mervilus savait comment les faire rêver, lui et les autres.
Mervilus militait au parti des Démunis. Des militants du parti étaient venus un après-midi jusqu'à notre quartier dans un grand tumulte de voix. Elles étaient aussi fortes que celles qui éclataient au carnaval ou dans les sermons des Adventistes du Septième Jour. Ce jour-là ma mère et moi revenions à peine du marché. Je la vis poser son panier sur le seuil de la maison et rejoindre, au bout de la rue, le groupe des hommes et des femmes qui discutaient avec animation comme si leur vie en dépendait. Agglutinés contre les deux camionnettes des hommes du parti des Démunis, nous buvions les paroles des orateurs qui nous décrivaient un bonheur d'une rare extravagance, celui que les riches ne nous avaient jamais laissé entrevoir. Les mots puissants, magiques firent fondre en un instant notre épaisse carapace de doutes et de méfiance. Et bientôt l'agitation gagna aussi les enfants. Au son d'une musique nasillarde et frénétique, improvisée pour la circonstance, Jonas et moi nous nous déhanchâmes avec les autres, bien au-delà du départ des militants. La vie avait ce jour-là un goût d'eau fraîche et d'étoiles.
C'était il y a deux ans déjà. Depuis, à en croire Boss Charles, le parti des Démunis était devenu cinq fois plus riche que l'ensemble des partis des Riches. Et puis il y avait la mort de Mervilus qui était venue tout changer.
To see how this extract sits within the rest of the short story, click on the following link and read the whole short story:
http://www.lehman.cuny.edu/ile.en.ile/paroles/lahens_folie.html
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2010 Translation Challenge Launch at Hay
Translators’ House Wales launches its latest Translation Challenge at the 2010 Hay Festival.
The event will be held at 11.30 Thursday 3 June on the Academi stand promoting literature in Wales.
This year, entrants will be asked to translate a literary work from Haiti.
The original author will be interviewed by Ned Thomas from Wales Literature Exchange during the launch at Hay, which is supported by Oxfam Cymru.
The winner’s name will be announced at 11am Thursday 5 August on Aberystwyth University’s stand at the 2010 National Eisteddfod of Wales in Blaenau Gwent.
The winner will receive the 2010 Translators’ House Wales Bardic Staff as well as a chance to spend time at Tŷ Newydd.
Damian Walford Davies took the title last year with his translation of the poem Slate, Oak, Glass by National Poet Gillian Clarke.
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Tŷ Newydd and Wales Literature Exchange have come together in a joint venture to give Wales its first national Translators’ House, in a bid to boost literary exchange between Wales and the world.
Based at Tŷ Newydd, Tŷ Cyfieithu Cymru – Translators’ House Wales, in partnership with Academi and Literature across Frontiers, will run courses for international translators who want to publish work from Wales in different languages.
Short residencies will also be offered to international writers and translators of Welsh literature, and there will be training opportunities for writers who want to translate their work from Welsh to English.
There will be opportunities too for authors and poets from Wales to spend time abroad through international networks of writers and translators’ houses.
A specialist partnership is being developed with the international Halma network which promotes literary exchange across Europe, following a successful application for membership by Wales Literature Exchange and Tŷ Newydd in December 2008.
Wales Literature Exchange is based in the Mercator Institute at Aberystwyth University. Its aims and activities include promoting the literature and writers of Wales abroad; offering translation grants to publishers; providing information about writers, translators and publishers, and participating in international book fairs. www.walesliterature.org
Residencies at Tŷ Newydd |